- Le public maltais est gratuit au point de soin, sans avance de frais ni remboursement : ce n'est pas le mécanisme français.
- Tout converge vers Mater Dei, l'unique grand hôpital général de l'île, et vers huit centres de santé régionaux pour la médecine courante.
- Trois documents, trois profils : la CEAM pour un séjour, le numéro NI pour qui travaille, le formulaire S1 pour qui ne travaille pas.
- Dentaire, optique et médicaments hors formulaire restent à votre charge, même affilié.
- L'anglais suffit partout, le français quasiment jamais.
Quel document sortir selon votre situation
C'est la seule question qui compte vraiment, et c'est celle à laquelle presque personne ne répond clairement. Trouvez votre profil, le reste de la page en découle.
Vous venez en séjour : vacances, week-end, quelques semaines
Le documentLa carte européenne d'assurance maladie (CEAM)Votre caisse d'assurance maladie française, avant le départ
Ce que ça couvre : Les soins médicalement nécessaires pendant le séjour, dans le public uniquement, aux mêmes conditions qu'un Maltais. Consultation en health centre, passage aux urgences de Mater Dei, hospitalisation imprévue.
Ce que ça ne couvre pas : Le rapatriement sanitaire, les cliniques privées, les soins programmés à l'avance, la perte de bagages. Aucun plafond de frais n'est pris en charge au-delà du tarif public.
Vous travaillez à Malte : salarié, indépendant, saisonnier
Le documentLe numéro de sécurité sociale maltais (numéro NI)Department of Social Security, après la signature du contrat
Ce que ça couvre : L'intégralité du système public maltais, gratuitement et sans limite de durée, dès que le numéro est attribué. Vous cotisez, vous êtes couvert comme un résident maltais.
Ce que ça ne couvre pas : Les semaines entre l'arrivée sur l'île et l'attribution effective du numéro, pendant lesquelles seule la CEAM joue, et uniquement pour l'urgence.
Vous ne travaillez pas à Malte : retraité, non-actif, détaché
Le documentLe formulaire S1Votre caisse française, puis l'Entitlement Unit à La Valette
Ce que ça couvre : Le système public maltais dans les mêmes conditions qu'un affilié local, la France restant le pays qui paie la facture. C'est le document qui transforme un retraité français en assuré maltais.
Ce que ça ne couvre pas : Rien tant qu'il n'est pas enregistré sur place. Le S1 obtenu en France ne sert à rien s'il dort dans un tiroir : il doit être déposé à l'Entitlement Unit pour ouvrir les droits.
Comment fonctionne la santé publique maltaise
Malte a hérité du modèle britannique, pas du modèle français, et cette filiation explique presque tout. Le système est financé par l'impôt et par les cotisations sociales, puis distribué gratuitement : vous ne payez rien au guichet, vous ne remplissez aucune feuille de soins, et vous n'attendez aucun virement de remboursement. Il n'y a pas de mutuelle obligatoire, pas de ticket modérateur, pas de tiers payant, parce qu'il n'y a tout simplement pas de facture.
Les cotisations, elles, sont prélevées à la source. Un salarié verse environ 10 % de son brut, son employeur en verse autant, et un indépendant s'acquitte d'une contribution de l'ordre de 15 % de ses revenus nets. Ces prélèvements financent la santé mais aussi les pensions et les prestations sociales, sans ligne distincte pour la maladie.
La contrepartie de cette gratuité tient en deux mots : délais et périmètre. Une urgence est traitée sans attendre, une consultation de spécialiste non urgente au public peut demander plusieurs mois. Et certaines choses sortent du champ couvert.
Ce qui reste à votre charge, même affilié
- Les soins dentaires courants : le public assure l'extraction et l'urgence, le reste se paie chez un dentiste privé.
- L'optique : lunettes et lentilles ne sont pas prises en charge.
- Les médicaments hors formulaire national : la gratuité s'applique aux affections chroniques listées et aux bénéficiaires de prestations sociales, via le dispositif de la pharmacie de son choix. En dehors de ces cas, une boîte se paie au comptoir.
- Tout le secteur privé : consultation, clinique, chambre individuelle, aucun remboursement public.
Mater Dei, Gozo General et les health centres
La géographie hospitalière maltaise est d'une simplicité déroutante quand on vient de France : sur un territoire de 316 km², un seul grand hôpital public concentre l'essentiel de l'activité.

| Établissement | Où | Rôle |
|---|---|---|
| Mater Dei Hospital | Msida | Hôpital général public principal |
| Gozo General Hospital | Victoria, Gozo | Hôpital général de l'île de Gozo |
| Les health centres | 8 centres régionaux | Médecine générale de premier recours |
| Établissements spécialisés | Msida et alentours | Oncologie, psychiatrie, rééducation |
Mater Dei Hospital
Ouvert en 2007, c'est le centre de gravité de toute la santé maltaise. Urgences ouvertes en permanence, plateau technique complet, consultations de spécialistes sur adressage. À peu près tout ce qui est sérieux finit là.
Gozo General Hospital
L'équivalent local pour les habitants de Gozo, avec un service d'urgences et les spécialités courantes. Les cas lourds sont transférés vers Mater Dei, par ferry ou par hélicoptère selon l'urgence.
Les health centres
Floriana, Gżira, Mosta, Paola, Qormi, Rabat, Bormla et Victoria à Gozo. Consultation de médecin généraliste gratuite, sans rendez-vous, plus infirmerie, pansements et vaccinations. C'est la porte d'entrée normale du système, pas les urgences.
Établissements spécialisés
Le Sir Anthony Mamo Oncology Centre pour le cancer, Mount Carmel Hospital pour la psychiatrie, Karin Grech Hospital pour la rééducation et la gériatrie. Accès sur adressage depuis Mater Dei.
Le réflexe à prendre dès l'arrivée : pour un problème courant, on va au health centre de sa zone, pas aux urgences de Mater Dei. La consultation de généraliste y est gratuite et sans rendez-vous, et c'est de là que partent les orientations vers les spécialistes. Les urgences se réservent aux vraies urgences, sous peine d'attendre longtemps derrière des cas prioritaires.
Séjour temporaire : la carte européenne d'assurance maladie
Malte est membre de l'Union européenne, ce qui rend la situation du voyageur français très simple. La carte européenne d'assurance maladie, la CEAM, vous donne accès aux soins du secteur public maltais aux mêmes conditions qu'un résident, donc gratuitement dans la grande majorité des cas. Elle vaut pour les vacances, un week-end, un séjour linguistique ou un déplacement professionnel.
Elle se demande avant le départ, depuis votre compte d'assurance maladie, et arrive sous une quinzaine de jours. Partez sans elle et vous devrez avancer les frais puis demander un remboursement au retour, procédure lente et souvent partielle. Si le départ est imminent, une attestation provisoire valable trois mois est délivrée immédiatement et joue le même rôle.
Les trois trous de la CEAM
- Le rapatriement sanitaire n'est jamais couvert. Un transfert médicalisé vers la France se chiffre en milliers d'euros, entièrement à votre charge.
- Le privé n'est pas concerné. Si vous poussez la porte d'une clinique privée parce que le délai au public vous décourage, vous payez le plein tarif.
- Les soins programmés sont exclus. Venir à Malte pour se faire opérer relève d'une autre procédure, avec autorisation préalable.
Un dernier point que beaucoup découvrent trop tard : la CEAM est un document de séjour temporaire. Elle ne devient pas illégitime le jour où vous emménagez, elle devient inadaptée. Dès que Malte devient votre résidence, il faut basculer sur le système local, et c'est l'objet de la section suivante.
Résident : s'inscrire à la sécurité sociale maltaise
Deux chemins mènent à la couverture maltaise, et le vôtre dépend d'une seule chose : travaillez-vous sur l'île ou non.
Si vous travaillez : le numéro NI
Le numéro de sécurité sociale maltais, appelé numéro NI, s'obtient auprès du Department of Social Security une fois le contrat signé. Il vous faut un passeport ou une carte d'identité, votre contrat de travail et un justificatif d'adresse à Malte. Votre employeur doit en parallèle déclarer l'embauche à Jobsplus, ce qui déclenche le prélèvement des cotisations.
Ce numéro est la clé de toute votre vie administrative maltaise, bien au-delà de la santé : il sert pour les impôts, la banque et les prestations. Le reste de la marche à suivre après une embauche est détaillé dans notre page sur l' emploi à Malte, et les démarches de résidence proprement dites dans notre guide visa et carte eResidence.
Si vous ne travaillez pas : le formulaire S1
C'est le cas du retraité français qui s'installe à Malte, du non-actif et du salarié détaché. Le principe est un accord européen simple : vous êtes soigné par le système maltais, la France continue de payer. Le formulaire S1 matérialise cet accord et se demande à votre caisse française avant le départ.
L'erreur classique est de s'arrêter là. Le S1 obtenu en France n'ouvre aucun droit tant qu'il n'a pas été déposé à l'Entitlement Unit du ministère maltais de la Santé, à La Valette. C'est ce dépôt qui vous inscrit dans le système et vous donne accès gratuitement à Mater Dei et aux health centres.
Check-list des démarches santé à l'installation
Le secteur privé et ses tarifs réels
Le privé maltais existe pour une raison précise : contourner les délais du public sur les consultations non urgentes. Le principal acteur est le groupe Saint James Hospital, présent à Sliema et sur plusieurs autres sites de l'île, aux côtés du Da Vinci Hospital et du Saint Thomas Hospital. On y consulte souvent sous quelques jours, parfois le jour même.
La bonne nouvelle pour un Français, c'est que les tarifs restent modérés. Beaucoup de résidents adoptent un fonctionnement mixte, assumé : le privé pour les consultations courantes qu'on paie de sa poche sans y penser, le public pour l'hospitalisation et les urgences, où la facture serait autrement lourde.
| Acte en clinique privée | Tarif indicatif |
|---|---|
| Consultation de médecin généraliste | 20 à 35 € |
| Consultation de spécialiste | 40 à 80 € |
| Visite à domicile d'un généraliste | 40 à 70 €, davantage la nuit |
| Détartrage dentaire | 40 à 60 € |
| Plombage | 50 à 90 € |
| Analyses de sang courantes | 20 à 50 € selon le bilan |
| Passage aux urgences privées | 50 à 100 €, actes en sus |
Retenez qu'il n'y a aucun remboursement derrière ces montants : ce que vous payez est ce que vous dépensez. Une hospitalisation privée, elle, change complètement d'échelle et se compte en milliers d'euros. C'est précisément le scénario contre lequel une assurance se justifie. Ces ordres de grandeur s'intègrent dans le budget global d'une installation, détaillé poste par poste dans notre page sur le coût de la vie à Malte.
Faut-il une assurance santé privée à Malte ?
La réponse honnête est : cela dépend entièrement de votre situation, et pour une bonne partie des expatriés à Malte, la réponse est non. Une fois affilié au système maltais, vous êtes couvert pour l'essentiel, et souscrire une couverture complète relèverait du confort plutôt que de la nécessité. Voici les cas où elle se justifie vraiment.
- Pendant la période de transition : entre l'arrivée sur l'île et l'attribution du numéro NI, il s'écoule souvent plusieurs semaines pendant lesquelles seule la CEAM joue, sans rapatriement. C'est le trou de couverture le plus fréquent, et le plus facile à combler.
- Si vous ne cotisez nulle part : indépendant non déclaré à Malte, nomade sous Nomad Residence Permit, ou personne en transition professionnelle. Sans numéro NI ni formulaire S1, vous n'êtes couvert par rien.
- Pour le dentaire et l'optique en famille : ce sont les deux postes que le public maltais ne prend pas, et ceux qui coûtent le plus vite cher avec des enfants.
- Pour éviter les délais du public : une couverture qui prend en charge le privé transforme une attente de plusieurs mois en rendez-vous sous une semaine.
À l'inverse, si vous êtes salarié à Malte depuis plusieurs mois, affilié, en bonne santé et sans enfants, une assurance santé complète fait double emploi avec ce que vous financez déjà par vos cotisations.
Bon plan partenaire
Couvrir les semaines entre l'arrivée et la sécu maltaise
Le trou de couverture du début est le plus banal et le plus mal anticipé : tant que votre numéro NI n'est pas attribué, votre carte européenne assure l'urgence au public et rien d'autre, ni rapatriement ni clinique privée. Cap Tempo Expat de Chapka couvre cette période de transition et se résilie une fois que vous êtes affilié localement.
Voir Cap Tempo ExpatBon plan partenaire
Pour qui n'entrera jamais dans la sécu maltaise
Freelance, indépendant non déclaré à Malte ou titulaire du Nomad Residence Permit : sans cotisations locales ni formulaire S1, aucun droit ne s'ouvre dans le système public. SafetyWing Nomad se souscrit au mois, sans date de retour à fixer, ce qui correspond à quelqu'un qui teste l'île avant de décider de s'y installer.
Voir SafetyWing NomadLes formules, les niveaux de garantie et les tarifs varient beaucoup d'un assureur à l'autre, et c'est un sujet à part entière. Nous les mettons face à face dans notre comparateur d'assurance, en regard des garanties qui comptent vraiment pour une installation à Malte.
Pharmacies, urgences et médecins francophones
Le numéro à retenir est le 112, valable pour toutes les urgences depuis n'importe quel téléphone et dans toute l'Union européenne. Il couvre l'ambulance, la police et les pompiers. Le transport en ambulance vers un hôpital public ne vous est pas facturé.

Les pharmacies maltaises ferment le dimanche, à l'exception d'un système de garde tournant : chaque semaine, une liste de pharmacies ouvertes le dimanche matin est publiée dans la presse locale et affichée sur les vitrines. Un réflexe à connaître avant de se retrouver à courir l'île un dimanche après-midi. En semaine, beaucoup ferment aussi entre 13 h et 16 h, comme le reste du commerce maltais.
Côté langue, l'anglais est officiel à Malte et c'est la langue de travail du personnel soignant : dossiers, ordonnances et échanges avec les médecins s'y font intégralement. Un médecin francophone reste possible à trouver en libéral, surtout dans la zone Sliema et St Julian's, et le consulat de France tient une liste de praticiens parlant français. Pour une consultation délicate, mieux vaut passer par cette liste que d'improviser. La place réelle des langues sur l'île est décrite dans notre page sur la langue à Malte.
Dernier conseil pratique, valable dès la première semaine : repérez le health centre de votre zone et l'itinéraire vers Mater Dei avant d'en avoir besoin. Sur une île où les transports peuvent être lents et les adresses approximatives, ce quart d'heure de préparation vaut mieux qu'une recherche paniquée un dimanche soir.